mercredi 9 avril 2014

La blancheur qu'on croyait éternelle; Virginie Carton

Une belle surprise printanière que ce petit roman qui emprunte son titre à une chanson d'Alain Souchon.
Lucien est un homme plus vraiment jeune. Pédiatre, il a sacrifié sa jeunesse à ses études. Malheureux en amour, il se fantasme en Jean-Louis Trintignant dans Un Homme et une Femme de Claude Lelouch, filant sur Deauville dans une Ford Mustang de 66, pour y rencontrer une femme qui ressemblerait forcément à Anouk Aimée. Mais il est difficile de concilier la vie et le rêve.
Mathilde est une jeune femme timide, écrasée par une mère trop présente. Elle, elle se verrait plutôt en Romy Schneider, période post-Sissi.
Ces deux solitaires se croisent sans se voir dans l'immeuble où ils habitent. Mais parfois, le Destin prend des détours inattendus pour réunir deux êtres.
Il est des romans qui se dévorent d'une traite, le sourire aux lèvres, et La Blancheur qu'on Croyait Éternelle est de ceux-ci. De la même manière que des chansons traitent avec légèreté de sujets graves, Virginie Carton parvient à nous atteindre avec l'air de ne pas y toucher. Roman d'une génération dont les rêves paraissent inconciliables avec la grisaille de la vie. Génération qui ne se satisfait pas des rêves qu'on lui propose, et qui donnent envie d'autre chose.
J'ai envie de vous laisser avec cet extrait que je trouve d'une justesse imparable, et qui résume à merveille le livre:
"On porte en soi des images de films, des chansons qui surgissent à des moments inattendus de nos vies, qui font de nous quelqu'un ayant appartenu à une époque. Il nous reste des empreintes de ces histoires qui nous ont marquées, de ce temps où nos vies étaient vierges et où l'on croyait la blancheur éternelle. On voulait que notre vie ressemble à ce moment-là, à ce plan parfait."

JEAN



  







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