lundi 30 mars 2015

Le Voleur de Livres; Alessandro Tota, Pierre Van Hove

 
En 1953, Daniel Brodin, un jeune étudiant en droit qui ne rêve que de littérature, se fait remarquer par le Tout-Paris en déclamant lors d'une soirée un poème révolutionnaire. C'est un triomphe. Seul problème: le texte n'est pas de lui, mais d'un obscur poète italien. De fil en aiguille, Brodin va se lier à un groupe de marginaux qui vont l'initier à une autre façon de vivre.  
On peut toujours compter sur la maison Futuropolis pour sortir des romans graphiques d'une qualité rare, jusqu'au papier (ici un Munken Pure 130g, les mains perçoivent la différence). J'ai tellement aimé Le Voleur de Livres que je l'ai lu deux fois de suite, avec avidité. 
C'est une ballade dans le Paris d'après-guerre, avec ses lieux connus (la mythique librairie Le Minotaure) et ses grandes figures (Sartre et de Beauvoir, René Char, Gaston Gallimard). La mécanique romanesque repose sur la confrontation entre deux milieux perméables: des "bourgeois-bohèmes" d'un côté et, de l'autre, une bande de voyous qui ne rêve que de bousculer la bonne société. Entre eux deux, le personnage principal, qui visait l'un des deux milieux mais se retrouve finalement dans l'autre. C'est un roman d'initiation, où Brodin, le provincial, va s'initier à tous les vices que peut offrir la capitale. A travers ses yeux, le lecteur découvre ce monde si singulier. Plaisir de lecteur enfin, où notre mémoire visuelle est sans cesse sollicitée: là c'est un sosie de Paco de Lucia qui gratte dans une cave, là, un second rôle qui ressemble étrangement à un jeune Depardieu, période Claude Sautet.
Un régal on vous dit!

Jean.


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